Matches de tennis truqués: écoutez l’appel de Federer à conserver un sport « clean »

Matches de tennis truqués: écoutez l’appel de Federer à conserver un sport « clean »

Roger Federer

Roger Federer l’affirme, à ses yeux cette affaire n’est pas nouvelle et il aurait fallu aller plus loin en balançant des noms. (photo DR)

On pensait le tennis au-dessus de tout soupçon, en véritable sport de gentleman. Mais depuis les révélations de plusieurs médias britanniques sur l’existence de matches truqués, les fans de ce sport sont sous le choc. Seize joueurs du top 50 mondial, ces 10 dernières années, auraient accepté de jouer des matches truqués, y compris dans des Grand Chelem. Huit d’entre eux seraient même alignés à l’Open d’Australie qui vient de débuter, ce lundi. On pourrait croire le monde du tennis complètement tourneboulé, mais à en croire Roger Federer, l’ambiance n’est pas plombée pour autant dans les vestiaires.

Selon Roger Federer, ce que nous prenons, nous, comme un scandale, n’est en fait que la confirmation de ce qui se savait déjà dans le circuit. Le Bâlois regrette, du coup, que des noms n’aient pas été révélés, ce qui aurait pu faire bouger les choses. Selon lui, un joueur qui évolue dans les hauteurs du classement gagne suffisamment d’argent. Mais c’est loin d’être le cas de tous les autres. Les moins bien classés, ou les grands noms en perte de vitesse sont facilement approchés.

Mais alors, comment truque-t-on un match de tennis ? Selon la BBC et BuzzFeed, il existerait trois manières de faire:

  • La méthode la plus simple consiste, logiquement, à offrir de l’argent à un joueur pour qu’il perde son match.
  • La deuxième, lancée par les parieurs corrompus, est de gagner plus d’argent en demandant au joueur de gagner, ou de perdre, un set en particulier.
  • Et la troisième permet d’augmenter les gains des bookmakers en pariant sur les résultats de certains jeux ou de certains sets. Un joueur peut plus facilement accepter d’atteindre un score spécifique dans un jeu que de perdre son match.

Une pratique qui, comme nous l’expliquait Roger Federer, n’est pas une surprise sur le circuit, déjà très courante depuis des années dans les tournois secondaires. Novak Djokovic a d’ores et déjà confirmé qu’il avait été approché en 2007, alors qu’il n’était pas encore le grand champion d’aujourd’hui, mais qu’il avait refusé de se coucher, malgré la proposition alléchante de 200’000 dollars pour perdre son match de premier tour au tournoi de Saint-Pétersbourg.

Propos recueillis par notre correspondant à Melbourne, David Delacretaz